Réforme du bac et place de l’enseignement des sciences économiques et sociales : ma question au Ministre de l’Education Nationale

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a présenté les grandes lignes de la réforme du baccalauréat général et technologique et les évolutions du lycée au Conseil des ministres du 14 février 2018. Ainsi, les séries L, ES et S de la voie générale seront supprimées et remplacées par des spécialités que les élèves devront choisir en entrant en première. La voie générale comprendra donc un socle de culture commune, mais aussi des disciplines de spécialité choisies par les élèves. L’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée ne fera donc plus partie du socle commun.

C’est pourquoi j’ai décidé d’interroger ce jour, par le biais d’une question écrite déposée au Journal Officiel, Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, afin de comprendre comment il envisage d’améliorer la place de l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée, matière qui, selon moi, est nécessaire à l’enrichissement de la formation intellectuelle et civique des lycéens.

Le détail de ma question écrite : 

M. Jean-Claude Tissot attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale sur la place de l’enseignement des sciences économiques et sociales (SES) dans le cadre de la réforme du baccalauréat et du lycée à venir. Il y a plus de cinquante ans, les sciences économiques et sociales étaient introduites au lycée, permettant l’entrée d’une « troisième culture », aux côtés des humanités et des sciences, contribuant ainsi à l’enrichissement de la formation intellectuelle et civique des lycéens. Chaque jour, l’actualité rappelle la nécessité pour chacun de disposer des outils d’analyse proposés par l’économie, la sociologie et les sciences politiques, afin de pouvoir mieux saisir les enjeux des grandes questions démocratiques contemporaines que sont, entre autres exemples, l’avenir de la croissance, la mobilité sociale, les dynamiques de l’emploi, la persistance des inégalités, notamment entre les femmes et les hommes, les effets contrastés de la mondialisation ou les défis de la construction européenne. Cette discipline, très appréciée des élèves, a démontré sa réussite. La série ES, dont elle est la discipline pivot, a indéniablement participé à la démocratisation du lycée en accueillant un tiers des bacheliers généraux, qui présentent un recrutement social particulièrement varié et bénéficient de débouchés diversifiés et de bons taux de réussite dans l’enseignement supérieur. Les SES devraient être un élément constitutif de la culture commune et, à ce titre, être intégrées au tronc commun de la classe de seconde générale et technologique. Comme elles sont absentes du collège et des enseignements obligatoires en première et terminale, il apparaît nécessaire de leur donner une place suffisante dès la classe de seconde, soit trois heures hebdomadaires, incluant des dédoublements définis nationalement. Aussi, il lui demande comment il envisage d’améliorer la place de l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée.

En attente de réponse du Ministère de l’éducation nationale.

 

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