Mine d’uranium de Saint-Priest-la-Prugne : un dossier qui reste brûlant

Près d’un an jour pour jour après ma visite du site minier des Bois-Noirs Limouzat, je suis retourné à la rencontre des acteurs de terrain qui se mobilisent pour l’assainissement de ce site.

Nous nous sommes ainsi réunis à la mairie de Chausseterre, ce lundi 19 octobre, avec la maire Lorraine Roux, le président de la communauté de communes du Pays d’Urfé, Charles Labouré, et la porte-parole du collectif des Bois-Noirs, Arlette Maussan.

La mine d’uranium des Bois-Noirs Limouzat a définitivement fermé ses portes en 1980. Mais la nature du minerai et des résidus d’exploitation nécessite toujours un traitement et un suivi particulier de ce site, plus de 40 ans après sa fermeture. C’est l’ancien exploitant AREVA, aujourd’hui devenu ORANO, qui est responsable de cette prise en charge.

Un plan d’eau artificiel de 20 hectares a été créé pour recouvrir les 1,3 million de tonnes de résidus miniers. Le barrage qui clôt ce bassin interroge sur sa gestion et l’impact environnemental des résidus radioactifs qu’il retient.

Lors de la visite réalisée l’an dernier, les représentants d’ORANO s’étaient montrés des plus rassurants sur les résultats de la station de traitement des eaux récemment implantée. Mais un récent rapport de la DREAL pointe l’inégalité des résultats en fonction du débit à traiter : en cas de fort débit (fonte des neiges, pluviométrie importante…), la qualité de traitement ne serait pas optimale. Sachant qu’a contrario, en cas d’assèchement du bassin, le rôle protecteur de l’eau face à la remontée de radiations ne saurait être effectif.

Dès lors, des questions importantes restent en suspens. Je suis particulièrement inquiet, au regard de l’intensité des épisodes climatiques que nous allons traverser à l’avenir (sécheresses ou pluies torrentielles), de l’obsolescence de l’aménagement du site.

De même, il devient plus que jamais urgent qu’ORANO puisse faire réaliser la très attendue étude hydrogéologique (exigée notamment par un arrêté préfectoral de 2017) qui nous dira l’état du sol sous le bassin, la présence d’éventuelles failles, le cheminement souterrain de l’eau… La résurgence de cette eau utilisée pour couvrir des déchets radioactifs doit pouvoir être tracée, d’autant plus que le site n’est pas très éloigné des zones où sont collectées des eaux minérales de grande consommation : Badoit, Saint-Alban…

Aussi, il a été convenu suite à cette rencontre que j’écrirai à Mme la Sous-préfète de Montbrison, avant qu’elle réunisse la prochaine commission de suivi du site, concernant la réalisation de cette étude.

En outre, je vais à nouveau interpeller la ministre de la transition écologie, Barbara Pompili, sur la question de l’après-mine, à peine effleurée dans la loi Climat et Résilience (malgré l’engagement de la ministre sur le fait que ce serait inscrit « dans le dur de la loi »), et plus particulièrement de l’après-mine d’uranium, qui concerne près de 250 sites répartis dans 20 départements, dans notre pays.

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