Difficultés pour trouver des saisonniers : une raison supplémentaire de revenir sur la réforme de l’assurance chômage

En ce début d’été, les employeurs tirent la sonnette d’alarme en raison de leur grande difficulté à recruter des employés saisonniers, en particulier dans l’agriculture et la restauration-hôtellerie.

Si les conditions de travail ainsi qu’un manque de logements sur place sont mises en avant, la récente mise en œuvre de la réforme de l’assurance chômage constitue un frein de plus. Cette réforme avait comme but affiché de pallier le manque de main d’œuvre et la précarité en luttant contre le recours massif aux contrats courts. Il s’agissait, sur le papier, d’encourager les gens à retourner au travail. Paradoxalement, en fixant de nouvelles modalités d’éligibilité à l’assurance chômage, c’est l’effet inverse qui s’est produit.

Depuis juillet 2021, plus d’un million de personnes ont vu leurs allocations diminuer. Parmi elles, on retrouve majoritairement des femmes, davantage sujettes aux petits contrats. Cependant, ce ne sont pas uniquement les travailleurs qui ont été impactés : des pans entiers de notre économie se retrouvent aujourd’hui pénalisés dans des secteurs déjà peu attractifs.

En effet, de peur de voir leurs indemnités chômage diminuer, les saisonniers sont dissuadés d’accepter des contrats courts qui les obligent souvent à cumuler plusieurs emplois. Pour bénéficier de leurs droits, ils doivent désormais avoir travaillé durant six mois. Auparavant, ils pouvaient percevoir les allocations chômage au bout de quatre mois, ressource qui était nécessaire pour faciliter leur transaction entre deux emplois.

Les recruteurs n’arrivent donc plus à trouver de saisonniers alors même que la saison estivale a déjà débuté et que de nombreux touristes sont attendus. Nos territoires ruraux agricoles sont les premiers touchés, notamment pour le ramassage des fruits ou pour les vendanges à venir. À plusieurs reprises, avec mes collègues du groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain, nous avons dénoncé cette réforme injuste qui fragilise d’abord les « permittents » de l’emploi, qui alternent périodes d’activité professionnelle et de chômage, avec le nouveau calcul du Salaire Journalier de Référence (SRJ).

Force est de constater qu’elle nuit en outre à des pans entiers de notre économie. L’argument du Gouvernement selon lequel la baisse des allocations chômage était la solution pour permettre aux postes vacants de trouver un preneur, se voit largement démenti dans les faits.

Il est urgent d’abroger cette réforme qui ne remplit pas les objectifs majeurs qui lui étaient fixés, pour s’attaquer enfin réellement au chômage, plutôt qu’aux chômeurs!

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