Construction de nouveaux réacteurs nucléaires : l’importante question de l’eau

Ce mardi soir, je suis intervenu, lors de l’examen du projet de loi sur l’accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires et au fonctionnement des installations existantes, pour rappeler l’importance de la réflexion sur la ressource en eau dans ces procédures.

En effet, avec les épisodes successifs de sécheresse et de canicule, les débits des fleuves n’ont jamais été aussi bas (particulièrement l’été dernier), que ce soit pour le fleuve Loire ou pour le Rhône, ce qui a logiquement impacté le fonctionnement des nombreuses centrales nucléaires situées le long des fleuves afin de bénéficier de cette indispensable ressource en eau froide.

En ne proposant que des dérogations pour permettre le rejet d’eau chaude dans les fleuves, les pouvoirs publics ont soigneusement éviter les principales problématiques sur la ressource en eau : les conflits d’usage, la préservation de la biodiversité en amont et en aval, la qualité de l’eau et son traitement…

Ainsi, j’ai apporté mon soutien à un amendement du groupe écologiste, rejeté par la droite sénatoriale et par le Gouvernement, qui visait à garantir que les nouveaux projets de réacteurs ne se réaliseraient pas à proximité des fleuves dont le niveau d’étiage est menacé.

Quand on constate les nombreuses restrictions d’eau imposées aux particuliers, aux agriculteurs et à l’ensemble des professionnels, la question des quantités d’eau « utilisées » par les centrales nucléaires mérite d’être posée dans le débat public sur le nucléaire.

C’est la raison pour laquelle, avec mes collègues du groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain, nous avons proposé la création d’une mission d’information sénatoriale sur les usages de l’eau.

L’intégralité de mon intervention :

Je tenais à apporter mon soutien à l’amendement n°18 porté par nos collègues du groupe écologiste, qui propose de garantir que les nouveaux projets de réacteurs électronucléaires ne se réalisent pas à proximité des fleuves dont le niveau d’étiage est menacé.

En effet, la question de la ressource en eau, qui est indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires, mérite clairement d’être posée et abordée avant même d’engager de nouvelles constructions.

Dans mon département, la Loire, on constate déjà depuis de nombreuses années, la baisse particulièrement inquiétante du fleuve Loire, avec des débits jamais atteints depuis plus de quarante ans lors de la sécheresse de l’été dernier.

La problématique est également similaire pour le fleuve Rhône, où j’ai eu l’occasion d’échanger avec des responsables de la CNR, la Compagnie nationale du Rhône, qui m’ont fait part de leur inquiétudes à ce sujet.

Alors bien sûr, les pouvoirs publics, lors des derniers épisodes de sécheresse, ont fait le choix d’accorder de multiples dérogations sur les rejets d’eau chaude dans les fleuves.

Ces réponses administratives ne sont que des contournements, et évitent soigneusement de se poser les bonnes questions sur la gestion de l’eau, les conflits d’usage et la préservation de la biodiversité en amont et en aval.

De plus, quand on voit les quantités d’eau utilisées par nos centrales, et que dans le même temps on impose des fortes restrictions aux particuliers et aux professionnels, on peut comprendre que certaines tensions émergent localement.

Les épisodes extrêmes de sécheresse sont la preuve que le nucléaire est aussi vulnérable au changement climatique.

Ainsi, mes chers collègues, à titre personnel, je voterai donc favorablement pour cet amendement de bon sens.

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