Conséquences de la guerre en Ukraine sur l’approvisionnement en énergie et en métaux stratégiques

Le mercredi 30 mars, au sein de la commission des affaires économiques du Sénat, nous avons auditionné Mary Warlick, directrice exécutive adjointe de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), et Tim Gould, chef économiste de l’AIE.

Fondée en 1974 à la suite de la première crise pétrolière, l’AIE est une organisation intergouvernementale rattachée à l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), qui a pour vocation de coordonner les mesures à prendre en cas de difficultés d’approvisionnement sur les marchés pétroliers, et plus globalement de garantir la sécurité énergétique des 30 pays membres.

Alors que le pétrole et le gaz russes sont au cœur des débats depuis le début du conflit en Ukraine, la fourniture en uranium enrichi n’est que peu traitée par rapport au poids important de la Russie sur ce marché (35% de l’offre mondiale).

Ainsi, je les ai interrogés pour avoir un état des lieux actualisé des principaux pays qui fournissent de l’uranium pour faire fonctionner nos centrales nucléaires, et connaitre les possibilités de se passer à terme d’uranium enrichi d’origine russe.

De même, la Russie possède l’une des rares usines de conversion pour l’uranium de traitement (déchets pouvant être convertis en combustible nucléaire utilisable). Depuis 2021, le groupe EDF et Orano expédient de l’uranium de traitement en Russie, renforçant ainsi le poids économique de ce pays.

J’ai souhaité savoir si une telle usine de conversion était envisageable dans notre pays, afin de traiter les 33 000 tonnes d’uranium de traitement accumulées en France.

L’intégralité de de mon intervention :

Si le pétrole et le gaz russes sont au cœur des débats depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’uranium enrichi fait aussi partie de l’équation énergétique, et vous l’avez déjà partiellement évoqué.

En contrôlant près de 35% de l’offre mondiale d’uranium enrichi, et en possédant l’une des seules usines de conversion pour l’uranium de retraitement, la Russie possède malheureusement un avantage stratégique et géopolitique important. Les cours de l’uranium ont flambé de plus de 30% depuis le début du conflit.

Alors que la dépendance de notre pays pour la fourniture en uranium n’est que très peu abordée dans les débats sur notre mix énergétique, il est essentiel d’avoir ces informations en tête pour réellement repenser et retrouver notre souveraineté énergétique.

Ainsi, Madame la Directrice, serait-il possible de nous faire un état des lieux actualisé des principaux pays qui fournissent de l’uranium pour faire fonctionner nos centrales nucléaires ? 

Même si la Russie ne semble pas être notre principal fournisseur, pensez-vous qu’à plus long terme, il soit possible de se passer de l’uranium enrichi russe ? 

Sur l’uranium de retraitement, qui représente un enjeu important (33 000 tonnes accumulées en France, qui pourraient être converties en combustible nucléaire utilisable), estimez-vous que l’installation d’une usine de conversion soit possible en France ?

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