Beauvau de la sécurité : Un coup manqué sur un sujet majeur

Alors que le Beauvau de la sécurité s’est clôturé ce mardi 14 septembre par le discours du président de la République, nous déplorons, avec mes collègues du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain du Sénat, un énième coup de communication gouvernemental sur un sujet pourtant au cœur des préoccupations des Français.

Annoncé comme une vaste concertation, le Beauvau de la sécurité s’est transformé en un rendez-vous en vase clos, rythmé par un ensemble de doléances corporatistes plutôt qu’un vrai débat de société. Au-delà des améliorations en moyens matériels et humains, les annonces sont décevantes à l’issue de ces sept mois d’échanges.

En particulier, la question des rapports entre police et population est restée en suspens. La création d’une délégation parlementaire chargée du contrôle des forces de l’ordre est une fausse bonne idée. Le Parlement est indépendant et libre de créer des commissions d’enquête sans autorisation préalable du Gouvernement.

Une délégation parlementaire ne saurait se substituer à une réforme en profondeur de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) et à la création d’un organisme indépendant, indispensable pour rétablir la confiance entre la police et la population.

D’autres mesures auraient trouvé leur place dans un Beauvau de la sécurité digne de ce nom, en particulier :

  • recruter massivement et augmenter proportionnellement le budget de la police,
  • réinvestir l’ensemble du territoire avec une police de présence et de proximité,
  • reconstituer une chaîne pénale avec une justice répondant dans de meilleurs délais.

Par ailleurs, au regard de la fonction essentielle que les forces de l’ordre occupent dans notre République, la question de leur place dans la société aurait mérité d’être abordée avec davantage d’éclairages provenant de la société civile. Simple exercice de gestion des ressources humaines, le Beauvau vient clôturer un quinquennat où les changements de ligne politique sur la sécurité et les nombreux changements de casting concernant le ministère de l’Intérieur laisseront une impression mitigée aux forces de l’ordre comme au reste des Français.

Facebook