Audition d’Emmanuelle Wargon, candidate à la présidence de la Commission de régulation de l’énergie

Mercredi 3 août, en commission des affaires économiques du Sénat, nous avons auditionné Emmanuelle Wargon, candidate proposée à la présidence du collège de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Depuis sa création, le 24 mars 2000, la Commission de régulation de l’énergie veille au bon fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz en France, au bénéfice des consommateurs et en cohérence avec les objectifs de la politique énergétique.

En vertu de l’article 13 de la Constitution, le Président de la République propose la candidature du président de la CRE, qui doit être approuvée par les deux commissions compétentes sur cette thématique à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Dans ce cadre, j’ai interrogée la candidate sur son analyse vis-à-vis du marché européen de l’électricité, dont elle déclarait qu’il était nécessaire de « revoir ses mécanismes de fonctionnement » il y a quelques mois.

Ainsi, dans cette indispensable réorganisation, je lui ai demandé quel rôle pouvait occuper la CRE, notamment pour réaliser l’une de ses principales missions : la défense des consommateurs.

Ensuite, alors que le précédent président de la CRE, Jean-François Carenco, a récemment été nommé ministre délégué chargé des Outre-mer, et qu’Emmanuelle Wargon a été ministre du Logement du précédent Gouvernement, je l’ai questionnée sur les relations entre le Gouvernement et la CRE.

Cette commission ne peut pas être une antichambre de la majorité présidentielle. Les obligations d’indépendance et de défense de l’intérêt général doivent être respectées.

Après un scrutin particulièrement serré, la candidature d’Emmanuelle Wargon a été approuvée à la présidence de la CRE. Ce résultat montre la nécessité de respecter la pluralité et le rôle du Parlement.

L’intégralité de mon intervention :

J’aurais deux principales questions : l’une sur le marché européen de l’énergie, et la deuxième sur les relations entre le Gouvernement et la CRE.

Le 26 octobre 2021, lors d’un Conseil extraordinaire des ministres européens de l’énergie, vous avez déclaré à propos du marché européen de l’électricité : « Nous avons aussi besoin de revoir ses mécanismes de fonctionnement, ça nécessite une analyse approfondie, parce que, pour l’instant, le prix final facturé au consommateur d’électricité est extrêmement dépendant du prix marginal des énergies fossiles. »

Tout en partageant votre constat, j’aurais souhaité avoir des éléments de précision sur les modifications que vous souhaiteriez apporter au marché européen de l’électricité. Selon vous, comment la CRE peut-elle participer à cette indispensable réorganisation du marché de l’énergie ?

Ne serait-il pas nécessaire de prendre du recul sur les logiques uniquement financières et spéculatives, qui nuisent au bon fonctionnement de l’approvisionnement de l’énergie à des tarifs raisonnables et à la nécessaire transition énergétique ?

Enfin, ma deuxième question est un peu plus politique, mais elle a son importance pour l’autorité administrative indépendante que vous souhaitez présider : Alors que Jean-François Carenco, votre potentiel prédécesseur, est devenu ministre du Gouvernement actuel, et que vous êtes vous-même une ex-ministre de cette même tendance politique, nous pouvons avoir l’impression que la CRE est devenue une sorte d’antichambre de la majorité présidentielle.

Ainsi, comment percevez-vous les relations de la CRE avec l’exécutif ?

La réponse de Madame Wargon :


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