Affaire Suez-Veolia : Un accord inquiétant pour une fusion risquée

Après huit mois de bataille financière et judiciaire, un accord de principe a été adopté le 12 avril dernier entre les deux principaux acteurs français des services à l’environnement : Veolia va prochainement acquérir le groupe Suez.

Pour finaliser cette accord, les deux groupes se sont entendus sur un prix de 20,50 euros pour chaque action Suez. Ainsi, Veolia dépensera 13 milliards d’euros pour acquérir l’intégralité des actions du groupe Suez.

Dans cette réorganisation financière, le nouveau Suez va se retrouver amputé de nombreux secteurs d’activités et représentera 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre 18 milliards aujourd’hui.

La validation de l’opération devrait avoir lieu lors de la prochaine assemblée générale du groupe Suez au mois de mai prochain. D’ici là, les inquiétudes restent nombreuses :

–       les garanties apportées aux salariés de Suez et aux organisation syndicales, sur le maintien de l’emploi et des statuts à long terme, sont insuffisantes,

–       la capacité de Veolia à gérer un niveau d’endettement très important suite à l’acquisition de Suez, est inquiétante,

–       une hausse des prix, au détriment des collectivités territoriales, est également envisageable.

La multitude d’acteurs impliqués dans cette opération financière de grande ampleur, dont certains proches de l’exécutif, doit également nous interpeller sur l’honnêteté gouvernementale qui fait le choix d’abandonner le rôle d’Etat-stratège au profit d’un laisser-faire bien éloigné de la prise en compte de l’intérêt général.

Alors que la crise sanitaire, économique et sociale que nous traversons a remis au centre du débat public les enjeux de reconquête industrielle et de souveraineté nationale, l’affaire Suez-Veolia apparait comme une nouvelle illustration de l’absence totale de stratégie industrielle de la part du Gouvernement.

Au regard des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, il est grand temps que le Gouvernement mette en place une politique publique actionnariale et d’influence économique au service de l’intérêt général ainsi qu’une planification stratégique industrielle adaptée aux temps nouveaux.

Facebook