Webinaire sur le nutri-score

Le jeudi 14 octobre, le député européen, Éric Andrieu, a organisé un webinaire sur le nutri-score afin d’échanger sur la pertinence de cet outil et d’évaluer les potentielles conséquences de l’obligation de notation sur certaines filières.

En effet, cette semaine, le Parlement européen a débuté l’examen d’un texte pour rendre obligatoire le nutri-score sur les emballages de tous les aliments, avec une potentielle entrée en vigueur en 2024. Il est question de généraliser cet outil à l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne, où il était déjà utilisé de manière facultative dans six pays (France, Allemagne, Belgique, Espagne, Luxembourg, Pays-Bas).

Le nutri-score repose sur une notation en cinq lettres (de A à E) associées à cinq couleurs (du vert à l’orange foncé) qui a pour objectif de donner au consommateur une information très simplifiée de la valeur nutritionnelle d’un produit. Ainsi, il synthétise les tableaux de valeur nutritive, déjà obligatoires, qui sont souvent difficiles à comprendre.

L’ambition de ce dispositif est de permettre une meilleure compréhension et appréciation de la valeur nutritionnelle d’un produit afin de lutter contre les maladies provoquées par une alimentation peu ou pas équilibrée : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires…

Toutefois, certaines critiques sont émises envers le nutri-score et sa conception.

Les fabricants et les producteurs de produits reconnus « appellation d’origine protégée/contrôlée » (AOP/AOC), comme ceux de la Fourme de Montbrison ou du Roquefort de France, estiment que la notation les défavorise avec des notes « E » et « F » par rapport à des produits industriels transformés qui ont recours à des additifs n’entrant pas en compte dans le calcul du nutri-score. Mon collègue Eric Andrieu a en effet souligné que, si les produits ultra-transformés sont la cible, il faut alors pouvoir une certaine forme d’exemption pour les produits sous indication géographiques.

En juin dernier, alerté par le président du syndicat de la Fourme, j’avais interpellé le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, sur les conséquences de cet outil sur la filière fromagère. Il m’avait indiqué qu’un comité scientifique devrait suivre la conception du nutri-score, et définir si des exemptions étaient envisageables.

En attendant d’avoir davantage d’informations sur de potentielles spécificités, je reste mobilisé sur ce sujet important de l’information alimentaire et de l’amélioration de la qualité de notre alimentation, qui ne doit pas se réaliser au détriment de nos productions de qualité.

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