Voyage de la mémoire à Auschwitz-Birkenau

Le 9 novembre 1938, dans un déchainement de violence extrême qui a duré deux jours, plus de 90 juifs furent massacrés, des centaines de magasins et synagogues pillés et incendiés, et des milliers de juifs ont été déportés vers les camps de concentration, créant ainsi la première vague de déportation massive des juifs.

83 ans après cette « Nuit de Cristal », j’ai participé, la semaine dernière, au voyage de la mémoire organisé par l’association juive européenne (EJA) en Pologne, rassemblant des parlementaires et des ministres européens, des rescapés de la Shoah, des experts ainsi que le président du conseil du mémorial de Yad Vashem.

Lors de la première journée de ce voyage commémoratif, j’ai participé à un colloque international sur les différentes formes d’antisémitisme en Europe, où furent présentés des mesures pour endiguer et faire reculer son intolérable expression.

Le lendemain, nous avons visité les camps d’Auschwitz-Birkenau. Ces camps retracent l’horreur la plus totale à laquelle l’Humanité a pu faire face dans cette terrible période de notre histoire.

A l’issue de la visite, chacune des délégations des différents pays a déposé une gerbe de fleurs devant le mur des fusillés avant d’assister à la cérémonie officielle. Avec mes collègues parlementaires, nous avons également rendu hommage aux millions de victimes de ce génocide.

En souvenir de ce « voyage de la mémoire », je retiendrai la phrase de Primo Levi, dans son ouvrage Si c’est un homme : « Puisse l’histoire des camps d’extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d’alarme. »

Dans une période de résurgence de l’antisémitisme et de fortes divisions au sein de notre propre pays et dans toute l’Europe, il est nécessaire de s’assurer que la mémoire de la Shoah ne disparaisse pas.

Il s’agit d’un travail indispensable vis-à-vis des prochaines générations alors que les témoins directs de l’horreur des camps disparaissent peu à peu.

Ce devoir de mémoire et de sensibilisation permet également de ne pas oublier que, même dans les périodes les plus sombres de notre histoire, il a toujours subsisté une étincelle d’humanité et qu’il appartient à chacun de nous de la faire vivre.

Ce voyage chargé d’émotions restera pour moi un moment particulier

Bartek Dziedzic Photographer
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