Retour d’expérience sur la cuisine centrale intercommunale du Pilat Rhodanien

La communauté de communes du Pilat Rhodanien a mis en place, depuis 2014, une SPL (société publique locale) pour gérer différents services du champ de l’enfance et de la petite enfance : 2 crèches, 5 centres de loisirs et 1 cuisine centrale qui fournit 700 repas par jour à 11 cantines, en liaison chaude.

L’intérêt de cette expérience (atypique) pour les communes a souvent été évoqué par les maires du secteur, lors de nos rencontres, en particulier pour la gestion de la cantine. 

Aussi, j’ai souhaité rencontré Farid Chériet, président de la SPL et maire de Lupé, pour en savoir plus sur le fonctionnement de cette structure assez unique et savoir comment il appréhendait les nouvelles obligations prévues dans le cadre de la loi EGALIM (des menus composés à 50% de produits de l’agriculture durable, dont 20% de bio, à partir du 1er janvier 2022).

Farid Chériet a eu l’amabilité de me recevoir, avec la directrice de la SPL, Emmanuelle Stawowski, ce lundi, au siège de la communauté de communes. Ensemble, ils m’ont expliqué le travail qu’ils font pour  fournir des repas de qualité avec des produits issus d’une agriculture raisonnée voire bio, à un prix abordable et en faisant au maximum travailler les producteurs locaux. 

C’est un travail qui demande un énorme engagement, au regard notamment des contraintes qui se cumulent : exigences des marchés publics, normes européennes et future mise en place de la loi Egalim. Un travail couronné de succès car la fréquentation des cantines est en hausse constante : la communauté de communes est d’ailleurs en train de construire un nouveau bâtiment, plus grand, pour la cuisine centrale (voir photo).

Concernant Egalim, leur principal regret est que cette loi ne favorise pas les producteurs locaux. Elle risque même d’avoir un effet contraire si les collectivités, ne trouvant pas localement d’agriculteurs en bio ou inscrits dans un label, doivent aller chercher plus loin des fournisseurs pour répondre aux impératifs des signes de qualité. La SPL est pourtant plutôt vertueuse en matière de qualité puisqu’elle propose déjà plus que les 20% de produits bio obligatoires.

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai pris note de leur retour d’expérience et de leurs remarques. Nous travaillons en effet en ce moment au Sénat, dans le cadre d’un groupe de suivi de la loi, sur les effets insuffisants (notamment en matière de revenu pour les producteurs) voire indésirables d’Egalim. Outre les auditions que nous avons avec des acteurs nationaux, ce type de retour du terrain m’apparaît des plus précieux afin de calibrer au mieux mon action législative.

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