Précarité des jeunes : un étudiant Stéphanois s’immole devant le CROUS de Lyon

Vendredi 6 novembre un jeune étudiant stéphanois décidait de s’immoler, par le feu, devant le CROUS de Lyon. Son pronostic vital est encore engagé à ce jour. Mes pensées vont à lui-même, sa famille et ses proches.

Son geste, politique, expliqué dans une lettre postée sur Facebook, ne peut nous laisser indifférents. Syndiqué chez Solidaire étudiant.e.s, ce jeune dénonce notamment la précarité étudiante et l’appréhension générale des étudiants concernant leur avenir. Il est de notre responsabilité, en tant qu’élus, d’œuvrer contre la précarité étudiante.

L’on pourrait se féliciter du fait qu’en 2017, 697 000 étudiants perçoivent une bourse d’étude. Ou alors, l’on pourrait aussi s’intéresser au nombre d’étudiant salariés. Dans sa lettre, ce jeune étudiant interroge : « 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ? ». Alors que seulement 31% des étudiants boursiers se voient accorder une bourse mensuelle de 450 euros ou plus, ce montant ne peut être suffisant pour vivre.

Cela explique pourquoi, d’après l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE), près d’un étudiant sur 2 déclare exercer une activité rémunérée en parallèle de ses études en 2016, mettant en péril sa réussite (d’après l’INSEE le taux de réussite en licence passe de 60% pour les étudiants non-salariés à 40% pour les étudiants salariés). Enfin, l’on peut également prêter attention au nombre d’étudiants endettés. En 2019, près de 300 000 étudiants déclarent avoir contracté un prêt pour financer leur formation (selon l’OVE). Dans un pays qui prétend proposer une éducation gratuite ou presque, cela est-il tolérable ?

Ces difficultés financières ne sont pas sans conséquences : échec scolaire, dépression, renoncement aux soins (en 2018, 30% des étudiants déclaraient avoir renoncé à des soins ou des examens médicaux pour des raisons financières) et peuvent même pousser jusqu’au suicide. D’après l’OVE, chaque année 6% des étudiants commettent une tentative de suicide, soit près de 94 000 jeunes.

Il devrait être normal que tout étudiant puisse se nourrir, se loger et s’émanciper par le biais de l’éducation.

Au Sénat toute la journée, je serai représenté par ma collaboratrice Isabelle Dumestre au rassemblement organisé ce matin par le syndicat Solidaire étudiant.e.s, devant le CROUS de Saint-Etienne. Je porterai également une vigilance accrue dans le cadre de l’examen du budget 2020, pour que les conditions de vie étudiantes ne soient pas reléguées au second plan. J’interrogerai d’ailleurs cet après-midi le ministre du logement, Julien Denormandie, sur la réforme des APL qui va se traduire par une baisse qui touchera essentiellement les jeunes entrant sur le marché du travail.

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