Pour lutter contre les déserts médicaux

Lundi soir, je suis intervenu en séance publique dans le cadre de l’examen du projet de loi Santé. J’ai défendu un amendement, dont je suis le premier signataire, visant à lutter contre les déserts médicaux. J’ai proposé de faire figurer, parmi les critères de sélection retenus pour accéder en deuxième cycle des formations de médecine, pharmacie, odontologie ou en maïeutique le projet professionnel d’un étudiant qui s’engage à exercer en zone de désertification médicale.

Face à ce problème croissant et à la mauvaise répartition des médecins dans nos territoires, comme c’est le cas dans certains secteurs du département de la Loire, ma proposition permet de valoriser le projet professionnel des étudiants qui s’engagent à travailler dans les zones sous-denses. Cela fonctionne déjà en Australie, au Canada, au Japon ou dans certains États américains.

Le rapporteur de la commission Alain Milon, sénateur Les Républicains, a donné un avis défavorable, en justifiant l’existence du Contrat d’Engagement du Service Public (CESP) en application depuis 2009 (Loi Bachelot). Le CESP prévoit une allocation supplémentaire pour les étudiants choisissant de s’installer en zones où la continuité des soins est menacée. Si le dispositif semble bon sur le principe, force est de constater qu’il reste insuffisant. En 10 ans d’existence les disparités ne se sont pas réduites, bien au contraire.

Le CESP est également critiqué du côté de la profession médicale : seulement 2800 contrats ont été signés, soit la moitié des objectifs initiaux. Les médecins dénoncent les mêmes effets pervers dans l’application du dispositif que vante pourtant le rapporteur. Pour aller plus loin, je vous invite à consulter l’article du Groupe Profession Santé :
http://www.remede.org/doc…/cesp-coup-de-pouce-ou-fiasco.html

Aussi, le sens de l’amendement que je proposais était d’ajouter de nouvelles dispositions pour lutter véritablement contre la désertification médicale. Il n’existe pas une seule solution pour réduire les déserts médicaux. Les centres et maisons de santé pluridisciplinaires sont par exemple un bon moyen de regrouper des médecins et des spécialistes sur un seul site. Les pouvoirs publics doivent apporter un ensemble de solutions complémentaires à ce problème récurrent. Je regrette que la majorité sénatoriale « Les Républicains » et le gouvernement aient refusé ma proposition.

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