Ma rencontre avec les auxiliaires de vie

J’ai rencontré deux représentantes des auxiliaires de vie, ce vendredi 19 mars à Mably. J’étais accompagné pour ce rendez-vous par Éric Michaud et Jean-Jacques Ladet, conseillers départementaux des cantons de Roanne 1 et Roanne 2.

Elles m’ont fait part du manque de reconnaissance dont souffre l’ensemble de leur profession : tant nationalement, puisque les aides à domicile font partie des « oubliés du Ségur », que plus localement.

Le rôle qu’elles jouent au quotidien auprès de nos aînés est pourtant fondamental. Elles veillent non seulement à leur bien-être physique, au bon état de leur domicile, mais aussi et surtout elles assurent un lien social et une présence humaine indispensables. Ainsi qu’elles le disent fort bien, « même faire le ménage est l’occasion de faire du lien ».

Sans elles (et eux, même si cela reste une profession essentiellement féminine), le maintien à domicile de nos séniors ne pourrait pas être aussi durable qu’il l’est aujourd’hui. Sans elles, l’espérance de vie en bonne santé de nos aînés se réduirait considérablement.

Avec un salaire moyen de 960 euros par mois, elles endurent des journées pouvant avoir une amplitude jusqu’à 11 heures, elles utilisent leur propre moyen de transports pour se déplacer et elles font face, seules, à des situations de grande détresse.

Même lorsqu’elles confrontées à des fins de vie, voire au décès des personnes qu’elles accompagnent, elles ne bénéficient d’aucun soutien psychologique.

Si elles supportent de telles conditions, c’est par attachement aux personnes qu’elles aident et par conscience de l’importance de leurs missions.

En revanche, l’attractivité de leur métier en est fortement pénalisée. Le turn over est fort, et celles qui restent se retrouvent à devoir assumer plus que leur part. Les cas de souffrance au travail, voire de burn out, se multiplient.

Aussi, la reconnaissance qu’elles demandent est essentielle à différents niveaux :

–       Pour rattraper des revenus bien trop faibles : quand on touche moins de 1 000 euros par mois, une prime de 183 euros cela représente beaucoup !

–       Pour redonner de l’attractivité à cette profession qui sera toujours plus essentielle dans les années qui viennent, avec la poursuite du vieillissement de la population.

–       Et surtout pour leur dire que nous ne sommes pas aveugles à leur utilité et au rôle qu’elles ont continué à jouer, même pendant le premier confinement, quand elles allaient travailler sans équipement et la peur au ventre.

C’est pourquoi, je continuerai à œuvrer au niveau national, pour qu’elles puissent bénéficier des mesures du Ségur de la Santé et, dans le cadre de la future loi Autonomie, pour une vraie revalorisation de leur profession et de leur carrière. J’ai également écrit au Président du Conseil départemental de la Loire pour lui demander qu’il accepte de les recevoir, tant ce qu’elles ont à dire doit être entendu.

Facebook