Ma rencontre avec Jérémy Rousset (SNUIPP 42)

Ce lundi 29 avril, j’ai reçu à ma permanence parlementaire Jérémy Rousset, secrétaire départemental du SNUIPP 42, syndicat des enseignants du primaire, avec Isabelle Dumestre qui représentait mon collègue Régis Juanico.

Les enseignants souhaitaient nous faire part de leurs inquiétudes quant au contenu et à la philosophie du projet de loi « école de la confiance ». Déjà adopté à l’Assemblée nationale, ce texte arrive la semaine prochaine au Sénat et nous l’examinerons en séance publique à partir du 14 mai prochain.

Plusieurs dispositions sont particulièrement inquiétantes :
– L’article 6 quater qui institue les *établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux* par fusion d’un collège avec les écoles qui y sont rattachées. La crainte est de voir à terme les directeurs d’école disparaître et, avec eux, la relation de proximité avec les familles. La question de la répartition des moyens au sein de ces établissements reste aussi posée.

– L’impact de l’abaissement de l’instruction obligatoire à 3 ans sur les collectivités locales est insuffisamment pris en compte. Même si, cette mesure semble positive sur le principe, dans les faits elle ne permettra pas de scolariser beaucoup plus d’enfants qu’aujourd’hui puisque 96% des moins de 6 ans vont déjà à l’école. Par contre, elle coûtera 150 millions d’euros d’argent public supplémentaires. C’est un investissement déraisonnable à l’heure où les moyens font tant défaut dans l’Education (dans le primaire comme dans le secondaire).

– En matière de formation des enseignants comme d’évaluation des enseignements, le texte pose également problème. Ainsi, l’indépendance par rapport au ministère du *Conseil d’évaluation de l’école* (qui remplacerait l’actuel CNESCO) n’apparaît pas du tout comme garantie, ce qui pose question sur la qualité et la pertinence de ses futurs travaux.
La question des moyens reste entière. Ceci est particulièrement préoccupant à mes yeux : car en cas de baisse des moyens, ce sont les écoles rurales qui payeront.

Ainsi, le Président de la République a fait des annonces intéressantes la semaine dernière sur la nécessité d’avoir des classes à 24 élèves maximum ou des classes dédoublées en grande section de maternelle, pour favoriser la réussite éducative. Mais pour atteindre cette ambition, il faudrait 10 000 postes d’enseignants en plus. La diminution de la démographie scolaire peut permettre d’en dégager 1 500. Où le gouvernement trouvera-t-il les 8 500 postes manquants ?

Je serai particulièrement mobilisé dans les prochaines semaines pour tenter d’améliorer ce texte en portant des amendements sur les dispositions les plus problématiques.

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