La gestion des conséquences de l’incendie de l’usine Lubrizol

A l’issue de 8 mois de travaux, le rapport de la commission d’enquête chargée d’évaluer la gestion des conséquences de l’incendie de l’usine Lubrizol a été adopté le 2 juin dernier.

Dans le cadre de cette commission d’enquête dont j’étais le vice-président, nous avons auditionné près de 80 personnes, institutions, administrations, organismes publics ou associations. Pour ma part, je me suis en outre intéressé de près à la situation de SNF, seul site classé Seveso haut dans notre département, en rencontrant les acteurs concernés.

Le rapport déplore les manquements graves qui nuisent à l’efficacité des mécanismes de prévention des accidents industriels et formule un ensemble de recommandations pour une meilleure prise en compte des risques industriels par tous : État, entreprises, collectivités territoriales et citoyens.

Ils s’articulent autour de 6 axes :

  1. Créer une véritable culture du risque industriel
  2. Améliorer la politique de prévention des risques industriels
  3. Améliorer la gestion de crise
  4. Assurer une meilleure coordination entre l’État et les collectivités territoriales
  5. Indemniser l’intégralité des préjudices subis par la population
  6. Appliquer le principe de précaution au suivi sanitaire des populations touchées par un accident industriel

Un débat a été organisé en séance publique ce mardi 30 juin, en présence de la ministre de la transition écologique Elisabeth Borne. A cette occasion, j’ai souhaité l’interpeller sur la nécessité absolue de mieux préserver les milieux naturels et notamment l’eau en cas de catastrophe industrielle.

L’intégralité de mon intervention :

Madame la Ministre,

Notre commission a constaté que les pouvoirs publics avaient prêté peu d’attention aux impacts de l’incendie sur l’environnement, en dehors des préoccupations immédiates pour la santé humaine. Les éléments disponibles sur les conséquences de l’accident sur l’eau, les sols, les milieux naturels et la biodiversité, sont ainsi limités.

Durant nos travaux, je me suis attaché à éclaircir la question de l’impact sur l’eau, non seulement de l’incendie, mais des procédés déployés pour son extinction.

Lors de son audition en novembre, le ministre de l’intérieur avait confirmé que la pollution de la Seine avait été inévitable dans la mesure où les eaux d’extinction s’étaient tout d’abord écoulées par les sols.

Selon lui, un système de sécurité aurait néanmoins été déployé avant que des « pollutions manifestes » de la Seine n’aient lieu, par le confinement des eaux d’extinction dans un bassin ou darse.

Le 18 février, la direction départementale des territoires et de la mer a rendu les résultats de sa campagne de suivi de la qualité des eaux de cette darse. Les analyses ont confirmé qu’il n’y avait pas de traces de pollution hors de la darse. En revanche, elles font ressortir que les incendies ont eu un impact certain sur la qualité des sédiments dans la zone de la darse.

De même, vous avez évoqué, lors de votre audition le 26 février, « la destruction de la faune liée à la sous-oxygénation » dans ce bassin.

A ce jour, la question du traitement des eaux de cette darse reste entière.

En parallèle de nos travaux, je me suis intéressé de près au site Seveso de niveau haut de mon département, la Loire : l’usine SNF. J’ai ainsi rencontré la direction, ainsi que les associations de riverains et de préservation de l’environnement. Si une telle catastrophe survenait dans cette usine, installée non loin du fleuve Loire dans sa partie amont, je n’ose imaginer les conséquences pour tous les territoires situés en aval !

L’eau est notre patrimoine commun. Cette ressource indispensable à la vie est de plus en plus fragilisée par les activités humaines « courantes ».

Aussi, pouvez-vous nous dire, Madame la Ministre, quelles réponses vous envisagez d’apporter à cette question essentielle de la préservation de l’eau en cas de catastrophe industrielle ?

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