Journée internationale contre les violences à l’égard des femmes : lutter aussi contre les violences spécifiques subies par les femmes porteuses de handicap

Le Président a voulu faire de l’’égalité entre les femmes et les hommes, la grande cause du quinquennat. S’il y a un domaine où il n’y a clairement pas d’égalité, c’est celle des violences ! Avec le « Grenelle contre les violences conjugales », le Gouvernement entend apporter de premières réponses. La mobilisation de ce samedi 23 novembre permettra, je l’espère, de peser dans le sens de mesures vraiment à la hauteur des enjeux.

Mais les violences conjugales ne sont pas les seules violences subies par les femmes. Aussi, à l’occasion de la journée internationale contre les violences à l’égard des femmes, nous déposerons au Sénat une proposition de résolution, à l’initiative de ma collègue Martine Filleule, afin que les femmes porteuses de handicap ne soient pas les oubliées des efforts envisagés dans ce cadre.

Des associations et des institutions internationales ont mis en évidence la particulière vulnérabilité des femmes handicapées aux violences. Ces violences, qu’elles soient physiques, sexuelles ou psychologiques, menacent les femmes handicapées dans tous les aspects de leur quotidien : dans les établissements où certaines sont hébergées, dans le cadre familial, dans la vie professionnelle où elles se heurtent à de nombreuses discriminations, ou encore lors de transports spécialisés. Elles concernent tous les âges de la vie.

Ces constats soulignent la nécessité de la prise de conscience d’une double corrélation entre violence et handicap, car si le handicap expose davantage aux violences, il peut aussi, qu’il soit physique ou psychologique, être la conséquence de violences subies.

Longtemps occulté par le terme de « maltraitance », ce fléau semble constituer encore aujourd’hui un angle mort des politiques publiques de lutte contre les violences.

C’est pourquoi, j’ai co-signé cette proposition de résolution qui appelle notamment à une prise de conscience généralisée des violences, notamment sexuelles, qui menacent les femmes handicapées, ainsi qu’à une mobilisation de toute la société pour y mettre un terme.

A travers cette PPR mes collègues socialistes et moi-même :

  • Appelons à une prise de conscience généralisée des violences, notamment sexuelles, qui menacent les femmes handicapées et à une mobilisation de toute la société contre ce fléau ;
  • Encourageons un changement de regard de l’ensemble de la société et des acteurs de la chaîne judiciaire sur les femmes handicapées
  • Rendons hommage aux associations qui contribuent à lutter contre ces violences inacceptables en accueillant et en accompagnant les victimes ;
  • Rappelons que l’autonomie, plus particulièrement économique, des femmes en situation de handicap est une condition de leur protection contre le risque de violences auquel elles sont plus particulièrement exposées, supposant ainsi efforts significatifs en termes d’accès aux études, aux formations et à l’emploi ;
  • Suggérons que la dimension de l’égalité entre femmes et hommes soit systématiquement intégrée à toutes les politiques du handicap et, inversement, que la dimension du handicap soit prise en compte dans toutes les politiques de lutte contre les violences faites aux femmes.

PPR sur les violences faites aux femmes en situation de handicap

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