Interdiction de la dénomination steak végan : le Parlement européen va devoir trancher

L’avenir des dénominations liées à la viande est sur la table du Parlement européen qui devra voter à ce propos dans les semaines à venir dans le cadre du rapport « Organisation Commune des marchés agricoles » (OCM).

Une des questions débattues porte sur les préparations végétariennes ou végans et leur commercialisation sous les termes de burger et steak. Deux visions s’opposent sur ces appellations.

D’une part ceux qui estiment que les produits végétariens qui fleurissent dans les rayons de tous les supermarchés (steaks de soja, steaks de maïs, burger végan, saucisses végétales dans lesquels aucune viande animale n’a été utilisée) doivent changer de noms.

D’autre part, il y a ceux qui voudraient laisser la situation inchangée avec le risque de confusions que cela peut engendrer.

Pour ma part, je rejoins les propositions de l’eurodéputé socialiste, Éric Andrieu :

– Aujourd‘hui, en l’état de la législation il n’y a que la dénomination « viande » qui est clairement définie comme étant une partie comestible d’un animal. Les cultures cellulaires ne peuvent donc pas s’appeler viande.

– La Commission européenne devra établir une liste claire et précise des morceaux de viandes et des préparations de viande dont les dénominations doivent être réservées aux viandes, et ce pour les viandes bovines, porcines, caprines, chevalines et lapines, comme elle l’a fait précédemment pour la volaille. De nombreux exemples, tels que les filets mignons, les côtelettes, l’osso-bucco, ne sont pas encore définis.

– Comme pour les produits laitiers, des dérogations doivent néanmoins être rendues possibles dans le cas où la dénomination est déjà connue, voire traditionnelle, ou qu’elle est suffisamment claire pour éviter toute forme de confusion. C’est notamment le cas pour les dénominations steaks et burgers qui renvoient à un usage et qui ne peuvent pas être réservées aux seules viandes. La dénomination steak de thon est largement utilisée et renvoie à la manière dont on le coupe de façon à le faire griller.

– Pour les dérogations des produits à base de protéines végétales comme le steak de soja ou les burgers végans par exemple, la dénomination de vente devrait clairement mentionner « sans viande » afin de ne pas induire en erreur le consommateur.

Les enjeux économiques de ce dossier sont importants. Selon une étude du cabinet Xerfi réalisée l’an passé, la vente de produits végans et végétariens en grandes et moyennes surfaces pourrait générer autour de 600 millions d’euros de chiffres d’affaires d’ici 2021 en France.

Il est primordial de protéger et de ne pas tromper les consommateurs tout en respectant le travail des secteurs de la viande et des protéines végétales.

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