Huile de palme : ma question au ministre de l’agriculture

J’ai interpellé hier, lors de la séance des questions au gouvernement, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation M. Stéphane TRAVERT, sur l’autorisation donnée par le gouvernement au Groupe TOTAL à importer 300 000 tonnes d’huile de palme par an pour sa raffinerie de la Mède.

L’intervention de Mme Brune POIRSON, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition Ecologique et Solidaire ne répond en rien à ma question. Je vous laisse découvrir…

 

Le détail de mon intervention : 

Ma question s’adresse à M. Stéphane Travert, ministre de l’agriculture et de l’alimentation.

Monsieur le ministre,

La culture intensive de l’huile de palme est une des causes majeures de la déforestation, dont l’impact sur le dérèglement climatique et le recul de la biodiversité a largement été démontré.

Apparemment conscient des enjeux, le gouvernement a affirmé, dans l’axe 15 de son Plan Climat, vouloir mettre fin à l’importation en France de produits contribuant à la déforestation.

Ce même gouvernement a pourtant pris un décret, le 16 mai dernier, autorisant le groupe Total à importer 300 000 tonnes d’huile de palme par an pour sa raffinerie de la Mède.

Quand on sait que plus de 75% des 900 000 tonnes d’huile de palme consommées dans notre pays sont déjà utilisés comme carburant, on se demande à quoi bon continuer à culpabiliser les consommateurs de pâte à tartiner…

Vous me répondrez que ce décret n’émane pas de votre ministère. Certes.

Mais il illustre de manière criante les incohérences de votre gouvernement.

L’arrêté autorisant l’importation de cerises traitées au diméthoate en est un autre exemple.

Ce produit phytosanitaire, reconnu dangereux pour la santé, est interdit en France depuis 2016. Peut-être pouvez-vous nous expliquer comment ce produit peut être dangereux quand il est utilisé en France, mais devenir inoffensif lors de son importation ? La question vaut aussi pour de nombreux produits utilisés en viticulture ou dans les filières fruits et légumes.

Dans quinze jours, nous nous retrouverons dans cet hémicycle pour l’examen du projet de loi agriculture et alimentation. Nous présenterons des amendements permettant de réintroduire de la cohérence entre les pratiques et les substances autorisées sur notre sol et celles permises pour les produits d’importation.

Monsieur le Ministre, mettrez-vous en cohérence les beaux discours du gouvernement avec son action ? Serez-vous favorable à notre amendement interdisant l’importation de produits traités avec des substances phytosanitaires interdites en Europe ?

 

Réponse de Brune POIRSON, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition Ecologique et Solidaire : 

Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les sénateurs, Monsieur le sénateur Tissot,

En introduction, je souhaite rappeler que les blocages sont des actes illégaux. Ils ne permettent pas d’assurer un climat de dialogue efficace. Et depuis plusieurs jours, mon collègue Stéphane Travert, ministre de l’agriculture, est à l’écoute de l’inquiétude exprimée par les agriculteurs. Il est actuellement en train de discuter avec la FNSEA et les jeunes agriculteurs pour trouver une issue et lever les blocages. Cette question, elle me donne d’ailleurs l’occasion aussi de rassurer plus largement nos concitoyens, il n’y aura pas de pénurie de carburants.

Depuis le début du quinquennat, il y a beaucoup de français pour qui c’est la question, il est donc important de le dire. Depuis le début du quinquennat, la méthode du Gouvernement, c’est le dialogue. Et nous en avons fait la preuve avec les Etats généraux de l’alimentation.

Concernant la raffinerie de la Mède, vous connaissez l’historique de cette décision qui a été prise par le Gouvernement précédent, et que nous assumons aujourd’hui, je l’ai détaillé précédemment.

Je tiens aussi à préciser à nouveau que le but, l’objectif, c’est de substituer une production française à des importations contenant de l’huile de palme. Il est donc faux de dire que la consommation de 300 000 tonnes d’huile de palme à la Mède va s’ajouter à l’utilisation actuelle de l’huile de palme dans le secteur des agro-carburants. Nous avons obtenu des avancés, et le ministre d’Etat a obtenu qu’il y ai une réduction de 30% des importations d’huile de palme et s’est assuré que la certification durable de l’huile de palme importé aussi, et c’est une réponse qui doit être européenne comme je l’ai dit et détaillé précédemment. J’étais hier au Luxembourg pour discuter et trouver des solutions, négocier concrètement pour que cesse l’importation d’huile de palme, et que les agro-carburants soient produits de façon durable. Merci.

 

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