Budget 2021 : pour préserver les plus riches, le Gouvernement fait le choix de l’accroissement de la dette et du déficit public, de l’affaiblissement de l’Etat et de la hausse des inégalités

Le vote sur la première partie du projet de loi de finances (PLF) pour 2021 a eu lieu ce mercredi 25 novembre. Il s’agit du volet « recettes » du budget de l’Etat, les « dépenses » étant examinées séparément dans la deuxième partie du texte.

Avec cette première partie, le Gouvernement ne tire visiblement aucune leçon de la crise que nous traversons, s’obstinant à poursuivre la même doctrine budgétaire que depuis le début du quinquennat.

Pour continuer de préserver les plus riches, ce budget cumule accroissement de la dette et du déficit public, affaiblissement de l’Etat et hausse des inégalités.

Il poursuit ainsi, soutenu par la droite sénatoriale, sa politique d’allègement des prélèvements obligatoires des plus riches et des entreprises, au lieu de les mettre à contribution dans une période où la solidarité nationale est plus nécessaire que jamais.

Aucun effort n’est demandé aux contribuables les plus aisés, qui bénéficient de la suppression de l’ISF et de l’exit-tax, ou encore de la mise en place du prélèvement forfaitaire unique. Pour les grandes entreprises, la baisse des impôts continue, y compris pour les acteurs pratiquant l’optimisation fiscale à outrance.

Malgré un échec attesté par toutes les études économiques et malgré l’accroissement de la pauvreté et des inégalités, la stratégie du « ruissellement » est aveuglément maintenue.

La crise économique et sociale découlant de la pandémie aurait pourtant dû permettre un ajustement pragmatique sur le plan fiscal.

Par pure idéologie, le gouvernement et la majorité sénatoriale ont refusé en bloc toutes les propositions de rééquilibrage des recettes et de la pression fiscale que nous avons faites avec mes collègues du groupe socialiste, écologiste et républicain.

Pensées dans le cadre de notre « budget alternatif » pour 2021, nous avons porté de nombreuses mesures qui, toutes, ont été rejetées par une coalition des droites. Parmi celles-ci, je retiendrai notamment le rejet de propositions fortes comme la contribution exceptionnelle sur les grandes surfaces et les acteurs du commerce électronique ou du report d’un an de l’augmentation de la TGAP déchets.

C’est pourquoi nous n’avons pas voter ce volet « Recettes ». Mais, pour pouvoir porter nos propositions pour la 2e partie du budget, les règles d’examen budgétaire nous amènent à nous abstenir et non à voter contre. Cette abstention ne marque que notre volonté de poursuivre le débat budgétaire et d’y défendre nos convictions avant d’exprimer notre vote au fond sur l’ensemble du budget.

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